vendredi 29 avril 2011

Coffret en Plexiglas avec ouverture fermeture à guillotine

Une multitude de dossiers destinés à ne pas dépasser le stade de l'étude jalonnera la carrière d'un fabricant. Les raisons principales : projet trop élaboré en regard du prix de revient désiré, quantité insuffisante pour amortir les frais techniques, réalité du terrain fauchant l'enthousiasme de l'éditeur, compte d'exploitation "boiteux" voire totalement absent, etc. C'est frustrant, surtout lorsque que l'on débute son activité. Sans évoquer la lassitude des prestataires ayant travaillé inutilement pour vous répondre... 

Mais à force d'expériences, on se fait une raison. Il y a toujours un enseignement à retirer de n'importe quelle étude, aussi complexe soit-elle. À commencer par la qualité de sa propre démarche. Car on ne juge pas seulement un fabricant à l'aune d'un produit fini. On doit également prendre en compte sa capacité à maîtriser tous les aspects techniques d’une production bien avant sa phase de réalisation.

Derrière ce qui apparaît comme une très belle édition, se cache peut-être une addition de compromis hasardeux, d'actions laborieuses et usantes, d'incohérences financières. Notre rôle en tant que maître d'œuvre, est d’éviter ces situations. Nous agissons à la fois comme conseillers, régulateurs et plus rarement comme censeurs.

Voici l'un de ces « fameux » projets, véritable catalyseur de défauts à priori rédhibitoires


  • 2 livres de format A4 dos carré collé alternant pages en quadri et en noir sur différents papiers (respectivement sur couché demi mat 135 et couché mat 135 g/m²)
  • un conditionnement en Plexyglas high gloss opaque, une matière peu économique
  • une fermeture du coffret nécessitant un façonnage complexe
  • nécessité d’un suremballage destiné à protéger le plexi des rayures
  • un prix de revient unitaire placé certes nettement au-delà des 10 € hors taxes mais avec des quantités inférieures à 3 000 exemplaires

Quelques réflexions afin d’essayer de convertir cette étude en dossier opérationnel…

Réalisation en Europe ou Asie ?
En Asie sans conteste, même si par acquis de conscience il faut évaluer une réalisation partielle en Europe (coffrets en Asie et livres plus conditionnement final en Europe par exemple). Cependant, payer l’acheminement maritime d’un container rempli d’étuis vides n’est pas cohérent. Dans le cas présent ceci n’a pas été concluant.

Au sujet des livres.
On peut d’emblée uniformiser le grammage des papiers. Les prestataires asiatiques proposent en général du 128, du 135 voire du 157 g/m². 

On peut également envisager de travailler en dos carré collé cousu puisque le dos collé PUR en Chine est peu répandu. J’ai opté pour des cahiers de 16 pages parfaitement adaptés au format d’impression 700 x 1020 mm. 

Façonner en cahier de 16 pages implique de devoir gérer certaines séquences imprimées simultanément en quadri et en noir. Il devient donc impératif de passer en quadri + 1 pantone black. Ainsi le noir seul ne subira pas les influences du calage de la quadri.

Au sujet des étuis Plexiglas.
Un Plexiglas est plus cher s’il est opaque mais l’éditeur ne me laisse guère le choix. Je fixe son épaisseur minimum à 4mm. Il faut qu’il puisse supporter le poids des ouvrages.

Le prestataire peut coller les chants des pièces composant l’étui, à 90° ou à 45°. Tout dépend du résultat attendu. Le collage à 45° permet d’obtenir des arêtes nettes sans montage visible. Cette option coûte évidemment plus chère qu’un montage à 90°.

Je recense trois méthodes pour marquer une matière plastique (par prix croissants) : simple gravure à la fraise, laser et enfin marquage à chaud. Là aussi l’aspect souhaité conditionne le choix technique.

Voilà, j’en suis là pour le moment. En attendant de vous montrer le produit fini (!), voici quelques photos  du premier prototype reçu.


L'ouverture guillotine.

Détail du système à glissière.


Collage des chants à 90 °.  Un montage à 45° serait bien plus discret.


Recherche de visuels et croquis préparatoires.

À suivre...

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