jeudi 16 juin 2011

Restitution du relief par anaglyphe

Le premier film grand public en 3D date de 1922. Et oui... La technologie a connu par la suite des fortunes et des évolutions diverses jusqu'à ce que James Cameron lui donne une impulsion définitive dans son Avatar. Son usage s'est alors répandu bien au-delà du cinéma : écrans plats, caméras, appareils photo, téléphonie, etc... 

L'intérêt pour le "relief" est également croissant chez les éditeurs. Le prix de revient d'une édition 3D équivaut à celui d'une édition classique - traitement de l'image et fourniture de lunettes à filtres exceptés -, cependant que sa valeur ajoutée est répercutée (parfois grassement) sur le prix de vente public. Un produit fait pour dégager de la marge, donc...



Techniquement, comment cela fonctionne ?

Partons d'abord du postulat. Pour schématiser à l'extrême nous voyons en relief car nos deux yeux ne laissent pas entrer strictement la même chose. Écartés de 65 mm en moyenne, ils apportent à notre cerveau deux images légèrement décalées d'un même objet. Pour vous en convaincre, essayez un simple exercice : fermez un œil et regardez un objet quelconque. À présent fermez l'autre œil et regardez à nouveau le même objet. Ce n'est pas pareil n'est-ce pas ? C'est bien la conjugaison de ces deux visions (stéréoscopie) qui nous permet de distinguer les profondeurs de champs et les volumes.

Bon mais alors il suffirait d'imprimer deux fois la même image, légèrement décalée, pour obtenir un relief ? Pas seulement ! Le relief fonctionne car chaque œil voit une seule et même image mais sous un angle différent. Pas deux.

Essayons de synthétiser ceci sous forme d'équation :
  • Image relief ou anaglyptique = (image destinée à être vue par l’œil gauche + image destinée à être vue par l’œil droit)
 Également exprimable de la manière suivante : 
  • Image destinée à être vues par l'œil gauche = image relief - image destinée à être vue par l'œil droit.
Ou bien encore :
  • Image destinée à être vues par l'œil droit = image relief - image destinée à être vue par l'œil gauche.

Vous êtes toujours là ? 

On comprendra donc aisément la nécessité de séparer l'image composite afin d'apporter une vue propre à chaque œil. Les couleurs attribuées aux équations ci-dessus ne sont pas le fruit du hasard. Elles schématisent exactement la manipulation qu'il convient de faire.

Prenons un exemple simple. Une image en noir et blanc. On la duplique pour obtenir ce qu'on nomme des homologues. On déplace celui de gauche de quelques millimètres vers la droite sur un axe horizontal (la parallaxe) puis on le teinte en magenta. On attribue ensuite à l'autre homologue la couleur cyan. On aplatit le tout. On obtient ceci :

Mettez vos lunettes et placez-vous à environ 1.50 m de l'image.

C'est alors qu'entre en jeu la paire de lunettes équipée de films Rouge et Cyan. Elle va servir à filtrer chacune des deux couleurs en jouant sur le principe de complémentarité

Retenez juste ceci :
Sur ton clair ou blanc 
  • le film rouge fait disparaître le rouge
  • le film bleu en fait autant avec le bleue.
Sur demi/ton ou ton foncé
  • le film rouge fait disparaître le bleu
  • le film bleu en fait autant avec le rouge.

Chaque œil voit donc une seule partie de l’image : il y a bien relief une fois la restitution accomplie.

Voilà ça c'est le grand principe.

Allez, petit bonus. Je vous encourage vivement à cliquer sur l'image suivante et à la regarder avec des lunettes à une distance d'environ 1 mètre. Elle est tout simplement bluffante puisqu'elle joue à la fois sur le relief et sur la profondeur de champs.

Magnifique anaglyphe de Clermont-Ferrand.
Avec l'aimable autorisation de David Romeuf.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire