mardi 14 février 2012

La Saint-Valentin met l'affichage sens dessus dessous... ou les logos font-ils du sexe ?

Ah, la Saint-Valentin... Jour béni par Cupidon, les parfumeurs, les joailliers, les fleuristes... 

Période oblige, le petit peuple de Paris qui, vaillamment, emprunte le métropolitain n'a pu échapper à la ritournelle des sites de rencontres. Les barytons du secteur - MeeticAttractive world et Adopt un mec - ont entonné l'air du "venez trouver l'âme sœur chez nous". Évidemment, ce n'est pas une pastorale, plutôt une marche militaire à gros, très gros renfort de 4 x 3 m. Plusieurs dizaines de stations sont touchées, c'est une véritable invasion. La guerre est déclarée.

La solitude et son corollaire, la quête du grand Amour, représentent un domaine générateur de profits et donc, hautement concurrentiel. Afin d'éviter l'érosion de leur clientèle, les marques spécialisées doivent se rendre visibles et ce le plus possible. Il faut bien entendu en avoir les moyens. Sans connaître le coût exact de ces campagnes d'affichage, j'imagine aisément que date, durée, nombre de faces exposées (emplacements), et capping - c'est-à-dire la façon dont on sélectionne les emplacements pour toucher le maximum de cibles cœurs esseulés - ont contribué à faire gonfler la note ! Mais quand on aime...

Allez, foin de ses considérations matérielles ! Ce qui m'a attiré surtout, ce sont les logos de ces marques. Et malgré la morosité poisseuse baignant les rames bondées de la ligne 4, j'étais aux premières loges pour m'en amuser. Alors, je sais bien ce que vous pensez. Ce site est dédié aux arts et industries graphiques. Il n'empêche que de temps à autres, l'envie de m'échapper vers des contrées plus subjectives me vient. Mes cours de sémantiques remontent à la surface et je me vois dans l'obligation de vous faire part de mes réflexions séance tenante même si ces dernières n'engagent que moi.


On commence façon grande distribution avec Adopt un Mec. 

C'est certes un marronnier mais les rapports des sexes ont changé ! Maintenant, c'est Mademoiselle qui choisit et consomme. Le graphisme, appartenant au lexique aéroportuaire, est choisi pour son caractère impersonnel. Cette femme et cet homme, peuvent représentent chacun d'entre nous. Mais on est ici, dans une relation hétérosexuelle, blanche, une relation normée. Mademoiselle porte même une jupe et pousse un Caddie. Les clichés, ça rassure toujours. 

  
La proie convoitée est là. Il est temps d'entamer le premier dialogue. 

Regardez ces deux e. Saviez-vous que la partie haute et évidée de cette lettre s'appelait le contrepoinçon ? En anglais le "eye". On peut donc dire qu'ils se regardent "les yeux dans les yeux". Image plutôt mignonne. Et que penser de leur terminaison se rejoignant pour former un cœur ? Le signe d'un premier baiser ? Peut-être celui de deux pieds se rencontrant sous la table... Ah, émois de la première rencontre... C'est mon logo préféré.


Il faut maintenant passer aux choses sérieuses.  

Ce A et ce W stylisés dignes de la série "V", semblent vouloir "s'emboiter" parfaitement. Cette image est sans équivoque. Mademoiselle (rose) domine et fait correspondre son yin, son vide (physique, existentiel), avec le yang, le plein, de Monsieur (bleu). Leur fusion donnera-t-elle naissance à une lettre hybride, sorte d'étrangeté typographique ? Et pour finir ce raisonnement vraiment tiré par les cheveux mais inévitable : retourner le logo, vous obtiendrez un M sur un V soit un Mec remplissant... un Vagin ?




Ça va très loin n'est-ce pas ?


Allez bonne Saint-Valentin que vous soyez seuls(es), à deux, à trois, à quatre...




Ce post est dédié à Yves Baudry, mon maître et grand sémiologue devant l'Éternel.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire